Avec plusieurs singles tiré de son nouvel album «My God Is Blue», Sébastien, héros maudit de la chanson franco-électro, nous montre qu’il sait renaître quand la situation l’exige. Récit.
«Cochon ville». Autant dire que je ne partais pas sans préjugés, ce qui est un euphémisme. Quand j’ai entendu, de la bouche de certains de mes amis ayant, a priori, un élitisme musical à toute épreuve, je ne me suis pas gêné pour leur rire au nez. D’autant plus que le titre se posait en exacte contradiction avec mes mœurs culinaires, moi qui ne connais que du cochon le surnom qu’on affuble aux rustres. Mais qu’à cela ne tienne, en art il faut toujours goûter avant de juger, j’ai donc allumé mon «Youtube», et j’ai mis le son à «donf» comme disent les jeunes de moins de 13 ans.
J’ai cru un moment perdre Sébastien Tellier, je me demandais où il était passé, je le cherchais aux 4 coins de ma mémoire et des étagères de magasins, mais je ne le voyais plus. L’auteur sublime de «L’amour et la violence», «Divine», «La Ritournelle» et autres véritables chefs-d’œuvres, faisant de lui un héritier des Jacques Brel et Serge Gainsbourg certes complètement enfariné mais bien conscient de l’intelligence de sa composition pour s’ériger en être immortel de la musique !
C’est ainsi que j’eus peur pendant quelques secondes en écoutant le vulgaire titre de «Cochon ville». Quelques secondes vite dissipés par une sorte d’exultation de jeune pré pubère dépucelé de tout électrochoc rythmique! J’éructais comme une jeune vierge voyant Justin Bieber devant sa porte, je sautillais comme une retraitée sous LSD, parce qu’on a retrouvé Sébastien Tellier, oui, l’auteur romantique s’est désormais mué en un espèce de chevalier pensant de l’électro-chanson française-rock. Un Gainsbourg ayant pris deux ou trois champignons et qui se cacherait derrière des instrus savamment mélangés. Moi qui d’ordinaire n’écris jamais de critiques musicales, m’y voici bien obligé, étant entendu que la critique s’est imposée à moi dés lors que les ondes de Sébastien vinrent toquer à la porte fébrile de mon pseudo-hédonisme culturel. J’en profite pour dire que je partage totalement le dandysme de Sébastien, son style, moi qui n’ai hélas que quelques poils pubiens accrochés au menton, la barbe étant pour lui, j’en suis sûr, une façon détournée de se réincarner en héros fin de siècle qu’on aime tant. Chateaubriand ou Drieu La Rochelle électro.
Hélas, « Cochon Ville » a été retiré de YouTube et de toutes les plateformes par Record Makers. Voici le clip de « Pépito Bleu », le premier single
Mounir Belhidaoui



