Quelle rentrée! /Litterature/

Alexis Jenni vient de remporter le prix Goncourt pour "L'art français de la guerre"

Quelle rentrée !

La rentrée littéraire, cette effervescence de nouveaux romans et de rééditions poussiéreuses, est cette école où l’on voit toujours les mêmes vieux et jeunes premiers des lettres, de Frédéric Beigbeder à David Foenkinos en passant par Emmanuel Carrère et quelques essayistes politiques, dont Giesbert, qui, tels des vampires, s’adonnent à suçer le sang de leurs victimes qui se nomment DSK ou Nicolas Sarkozy. Zoom, mesdames et messieurs, sur ces livres en pagaille qui ont le don prodigieux de nous énerver ou, parfois, de nous faire chialer. En piste !

Voilà, parfois on parle d’histoire en on s’en tient là, et, plus souvent, c’est chiant, comme quelques mémoires d’anciens présidents ou ministres qui ont cru bon de romancer une vie qui était purement ennuyeuse. Et parfois on parle d’amour et de souvenirs et, lorsque c’est bien écrit, ça nous émeut, ça nous fait repenser à une autre histoire, la nôtre, un autre roman, notre vie. David Foenkinos est de ceux-là, un écrivain jeune qui a fracassé la scène littéraire avec son fulgurant « La délicatesse », roman dans la roman qui nous poussé à devenir moches mais profondément amoureux de notre supérieur hiérarchique.

Publié chez Gallimard, l’historique maison qui a oublié d’éditer Marcel Proust, ce roman raconte le discours nostalgique d’un gosse qui contemplait son grand-père d’un oeil à la limite du larmoyant. Mais quand ce n’est pas du surjoué, c’est beau.

Mais la rentrée littéraire n’est pas finie ! Elle est même télévisée, qui l’eut cru, à part lustucru ? Cette rentrée des classes des lettres est même télévisée, à en voir la sortie prochaine du roman tiré de la série à succès « Californication », intitulé « God Hates Us All » qui suit les tribulations de Hank Moody, sorte de Frédéric Beigbeder plus dépravé et moins sérieux, qui considère la littérature comme un sujet drolatique, s’en amuse et s’en sert pour draguer de jolies brunes ou blondes ou rousses lors de soirées organisées par des éditeurs tout aussi dépravés.

Vous l’aurez compris, la littérature ne s’arrête jamais, mais il ne faut surtout pas, grands dieux, la prendre au sérieux, sous peine d’être coiffés au poteau sémantique.

 

Mounir Belhidaoui

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