Si Dora l’Exploratrice avait fait Rock en Seine

Publié le 6 septembre 2012

Voilà bien longtemps que j’attendais de fouler le sol du parc de Saint-Cloud à cette occasion. Et quelle occasion qu’était celle-ci, puisqu’il s’agissait de fêter les 10 ans du festival.
Pauvre et malchanceuse, c’est avec rage et désespoir que je participai au concours organisé par 3ème Gauche, sans trop y croire. Et puis c’est arrivé. J’ai gagné. C’était fou, inattendu, fantastique. Enfin, je gagnais un truc dans ma vie. Et enfin, mon premier Rock en Seine.

 

Jour 1 : L’ emerveillement

 

En début d’après-midi, sac à dos enfilé, je pars rejoindre mes acolytes au parc de Saint-Cloud en sautant partout. Manquait plus que je crie d’une voix aiguë « Allons-y let’s go, c’est parti les amis ! » et on était bon. L’attente à l’entrée du festival ne réussira pas à me calmer, mais mon surplus d’énergie finira par se dissiper devant la douceur de Grimes.

Le danseur sur scène, lui en revanche, le timbre naïf de Claire Boucher ne le touche pas plus que ça. Il se sent plutôt inspiré par les sonorités tranchantes des synthés. Il danse saccadé et cela laisse assez pantois. Quoiqu’il en soit, après l’avoir découverte en début d’année, je réussissais enfin à la voir sur scène. C’est paisible mais affamée que je ressors de ce live.
Pendant que je tapissais mon estomac d’un kebab de bas étage (quand on a faim, tout est bon) et de frites, une voix ma foi fort agréable parvint à mes oreilles. Il s’agissait de Beth Jeans Houghton.

Je dois avouer qu’avant Rock en Seine, je n’avais jamais entendu parler de la jeune femme et en la voyant sur scène, je me souviens avoir dit à mon amie « HEY C’EST LADY GAGA QUI JOUE D’LA GUITARE ». Hérésie !Quelques secondes de sa prestation ont suffi à me faire taire à jamais (ou presque). L’anti-folk de l’anglaise n’a rien à voir avec la Mother Monster et c’est bien heureux. La prochaine fois que j’aurai envie de faire de l’humour en lieu public, je raconterai une blague de Toto.
Ravie par cette découverte, nous sommes allés voir ce que valait Dionysos sur scène.

Pas spécialement fan en temps normal, je suis allée jeter un oeil par curiosité. Par chance, je suis arrivée un peu avant qu’ils ne jouent la très connue Song For Jedi. C’était festif, énergique et sympathique, mais pas suffisant pour me convertir.
Aux environs de 19h, nous quittons le parterre de la Grande Scène pour The Shins.


Pour être honnête, je connaissais très peu The Shins. Je n’y avais pas prêté une grande attention jusque-là, malgré tout le bien qu’on m’en avait dit. Je me suis pris une belle claque en découvrant Australia et Phantom Limb durant ce live. Depuis, je me suis fait injecter un coup de leur album Wincing the Night Away dans les tympans et je ne m’en porte pas plus mal.
Malgré cela, je ne reste pas jusqu’à la fin du set. C’est avec un pincement au coeur que je m’échappe vers le groupe que j’attendais le plus en cette journée du 24 août : Bloc Party.

La prestation du groupe n’était pas extraordinaire. Mais on ne va pas cracher dans la soupe, elle reste tout à fait satisfaisante. L’ambiance, quant à elle, était complètement folle. Dès la 1ère chanson, ça pogote, ça chante haut et fort les paroles apprises par coeur. Étant donné qu’il y a peu de chances que j’aille à leur concert du Zénith de Paris le 20 février 2013 (places mises en vente depuis lundi et ça choque personne, narmol), je suis bien heureuse de les avoir vu à Rock en Seine.
Après avoir perdu approximativement 42 litres de sueur, mes copains et moi on aime bien rigoler nous séparons en 2 équipes. Ceux qui meurent de faim et qui s’en vont manger au stand corse, et moi, seule, qui préfère aller voir Sigur Rós.

À la base, Sigur Rós, j’aime bien, sans plus. Moi qui trouvais ça à la limite du mou parfois, j’ai reçu une belle correction. Bon, les effets de style sur les écrans étaient tout de même un peu kitsch, mais on ne s’attardera pas sur ce genre de détail. Le mythique groupe islandais en live, c’est fort, puissant, beau tout simplement.
Terminer ce 1er jour de festival après un tel set aurait été parfait, mais ma curiosité m’emmena vers Placebo. Pas convaincue du tout, je file au bout de deux chansons. Je ne m’arrête pas devant Miike Snow malgré l’envie et décide de rentrer me remettre des émotions de la journée.

 

Jour 2 : L’ impatience

 

Après le travail (et après avoir rater Maxïmo Park et Of Monsters and Men donc…), je retourne au parc de Saint-Cloud avec une boule d’excitation dans le ventre : ce soir, je verrai The Black Keys en concert. THE BLACK KEYS EN CONCERT. Toute la journée, j’ai attendu cet instant. Toute l’année même. Car à mon grand désarroi, je n’avais pu les voir lors de leur passage à Paris en début d’année. Mais chaque chose en son temps, je passe d’abord voir The Temper Trap.

Plus précisément, je passe voir la fin de The Temper Trap. A peine aurai-je le temps d’apprécier Drum Song qu’il est déjà temps pour eux de clôturer le set avec Sweet Disposition. En tout cas, le peu que j’ai vu m’a bien plu et j’espère avoir l’occasion de les revoir prochainement.
Je décide ensuite de sacrifier The Bewitched Hands et Noel Gallagher pour faire le plein de gras, puis Ed Sheeran pour trouver une place convenable pour LE concert de la soirée. Je ne regretterai pas ce dernier choix, vu la vitesse à laquelle le parterre se noircira de monde. Et après une heure de trépignement, mon coeur de groupie put enfin exploser de joie.


Nous assisterons à 1h15 de prestation de folie. The Black Keys sont des brutes et on aime ça. J’exulte sur Nova Baby et Strange Times. La batterie est frappée bien fort et la guitare embrasse nos tympans avec volupté. Alors oui, cette fin de phrase n’a absolument aucun sens, mais voir The Black Keys en live, ça vous chamboule un cerveau. L’ambiance était moins bouillante que ce à quoi je m’étais préparée, mais une belle émotion m’accompagnera durant tout le set et même après.

 

Jour 3 : La nostalgie

 

Cette dernière journée avait mal commencé. Un réveil difficile me fera rater Bombay Bicycle Club et les effets des acouphènes de la veille se feront sentir devant Stuck In The Sound. Difficile de profiter du concert dans ces conditions, je décide donc de me retirer du public.
Je m’arrête toutefois devant The Lanskies.

L’énergie du quintet est communicative et s’avèrera être efficace, on se dandine sur leurs chansons punchy. Je ne m’explique toujours pas la présence des hommes en rose et veste en jean à la fin du show, mais pourquoi pas après tout ?
Pas le temps de philosopher dessus, c’est le moment de se diriger vers la Scène Pression Live pour voir Passion Pit.


Le rose était-il le dress code de la journée ? Voilà encore une question existentielle qui traversera mon esprit en ce dimanche 26 août. Toute cette tendresse colorée déteindra sur moi, Passion Pit me fera vite oublier mes soucis auditifs et c’est béate que je me trémousse sur leur pop sucrée.
Transformée en barbe à papa, je pars faire un tour de grande roue. Ce moment frôle la perfection avec les mélodies planantes de Grandaddy en fond sonore.
Après ce doux interlude, direction la Scène de la Cascade pour Foster The People.

Évidemment, il y a énormément de monde et évidemment, je me retrouve tout derrière. Je ne vois pas grand chose à part les écrans… Je finirai par partir après 3-4 chansons. Dommage, tout cela me semblait plutôt cool. De toute façon, il était temps pour moi de rejoindre la Grande Scène et de me préparer physiquement et psychologiquement pour Green Day.

Je me retrouve seule au milieu de cette foule intergénérationnelle. Il y a des jeunes, des moins jeunes, des très jeunes, des familles, des cheveux blancs comme des appareils dentaires. Comme pour beaucoup des présents, Green Day représente toute mon adolescence. Cela faisait un moment que je ne l’écoutais plus vraiment, préférant maintenant la hype musicale (« J’écoutais Is Tropical before it was cool »).
Malgré tout, ce soir-là, submergée par l’émotion, j’ai pleuré. À deux reprises. Pourtant, ce genre de situation ne m’arrive pas souvent (juste une fois l’année dernière, devant Patrick Wolf au Nouveau Casino). Je suis plutôt de ceux qui ne comprennent pas qu’on puisse ouvrir les vannes en concert. Mais tous ces souvenirs entremêlés à ce sentiment de communion, il m’était impossible de retenir plus longtemps mes larmes. Depuis le temps que j’attendais cet instant.
On passe par toute la discographie du groupe, de Basket Case à Oh Love, sans oublier Boulevard of Broken Dreams ou encore Hitchin’ a Ride. Green Day nous offre un véritable spectacle, avec interactions avec le public, canon à tee-shirts, pistolet à eau, déguisements… Alors oui, tout cela ne semble pas très improvisé, j’ai l’impression d’être projetée dans leur DVD Bullet In A Bible. Mais qu’importe, ils prennent leur pied et nous aussi. Je me souviendrai encore longtemps de cette clôture de festival. Rock en Seine 2012, merci.

Rédigé par Marina Morange

Cet article a été lu 535 fois.

PARTAGER CET ARTICLE


Comment guidelines, edit this message in your Wordpress admin panel

Tous droits réservés - T-H-I-R-D SAS 2009-2013  |  A Propos  |  Archives  |  Mentions Légales  |  Partenaires  |  Contacts