Perdus au premier étage du Jeu de Paume, une dizaine d’écrans nous embarquent dans les films de l’artiste néerlandais bien connu dans l’art contemporain : Aernout Mik.
«Communitas», une exposition déroutante où l’image prend tout son sens dans le noir absolu. Une rétrospective de dix ans de travail pour ce plasticien sensible à la société.
Il tente par ses installations vidéo d’emporter le visiteur à travers ces écrans posés au sol. L’architecture captive le regard dans ce lieu sombre.
Notre œil travaille et perd ses repères face à des scènes chaotiques où les images sont parfois dépourvues de sens.
D’une bande de lascars dans une cour de récré à un plan de personnes gesticulant dans une forêt, tout y passe.
L’incompréhension peut se lire dans nos visages mais qu’essaie-il de nous montrer dans ses performances ?
Dans l’installation «Communitas» (2010), Aernout pose sa caméra au palais de la Culture et de la Science de Varsovie. Un lieu qui a tant fait polémique sous le régime communiste. Destruction ou pas, l’endroit a inspiré Mik, qui met en place des acteurs tels que des polonais et des immigrés vietnamiens exclus à l’époque.

Un soulèvement populaire se prépare sous nos yeux dans ce palais ressemblant à un bunker.

On dénote l’essoufflement du communisme à travers le drapeau du parti : le rouge vif est passé au pastel.
La politique pour Aernout
Plus loin dans une autre salle, sa dernière œuvre «Shifting Sitting» (2011) en impose puisqu’ Aernout met en évidence le contexte politico-judiciaire. C’est lors des procès à répétition de Berlusconi depuis les années 90 que le charisme se mêle au masque de l’homme politique. On remarque d’ailleurs dans les scènes des acteurs portant comme masque, la tête du politique.
Son délire continue avec «Middlemen» (2001), une satire du monde de la bourse.
Un univers stressant où les TOC sont de mise. C’est sur un travelling lent et continuel que la caméra bloque sur les mouvements répétitifs des traders.
La note finale, celle d’ «Osmosis and Excess» (2005), une performance sur un écran large où défilent des images du Mexique. On y découvre une pharmacie où les médicaments s’empilent et une décharge de voiture qui s’étend sur une vallée.
Mik se penche donc sur Tijuana, la ville frontalière où les trafics en tout genre ont lieu. Du médicament aux biens, c’est un marché en plein essor.
Aernout Mik, un sculpteur d’images choc où la société prend tout son sens.
Aernout Mik « Communitas » jusqu’au 8 mai 2011
Musée du Jeu de Paume
1, place de la Concorde
Paris 8ème
Ouvert du mercredi au vendredi de 12h à 19h
Samedi et dimanche de 10h à 19h
Nocturne le mardi jusqu’à 21h
Tarif normal : 10 euros 20
Etudiant : 7 euros
Marie-Clothilde Bailbé














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